sábado, 21 de abril de 2012

Ceci n'est pas une voiture / Esto no es un auto


Les explications dans l'entretien ci-dessous 
Las explicaciones en la entrevista que se publica más abajo

"Un type du métier"


Venimos algo atrasados con la transcripción de las entrevistas que hemos estado preparando pero de a poco lo vamos a lograr. Para los amigos y colaboradores bilingues, acá va la versión original y completa de la entrevista con el profesor Jacques Alesi (ver entradas Un Profesor / Una voz de septiembre 2011). Pronto estará disponible una versión en castellano. Aprovechamos la ocasión para contarles que estamos trabajando también dentro del Proyecto Infancia(s) en un intercambio argentino-francés. Les iremos avisando. Se agradece la compañia de Malena Castro Parnin, asi como la ayuda de Jean-Pierre Dubreuil, sus propios colaboradores y de nuestros amigos Pascal Gosselin y Joëlle Lefort, en el proceso de edición de esta entrevista.


« Un type du métier ». 
Entretien avec Jacques Alési


Entretien réalisé à Creil en 2004 par A. García, une ancienne élève. La discussion a porté tout particulièrement sur les camps de vacances que Jacques Alési a conduits pendant toute sa vie d’enseignant. Camps de vacances dont il s’occupe désormais autrement grâce à l’association Creil Escapade et ses collaborateurs.

- Monsieur Alési, comment êtes-vous arrivé à Creil ?

- Je suis arrivé en 1947, tout simplement parce que je cherchais un poste de surveillant, pas trop loin de Paris, et que j’en ai eu l’opportunité. De 45 à 47, j’étais en Khâgne à Paris, à Henri IV. Un de mes copains était parti un an plus tôt, il était pion à l’ENP, puis il a été nommé ailleurs et il m’a dit qu’il y aurait sans doute un poste de libre. C’est par ce biais-là que ça c’est fait. Cela m’a permis de continuer à faire mes études à la Sorbonne. Il se trouvait que dans cette école, une école technique, il y avait une section de classes dites « nouvelles ». C’était le démarrage de la réforme de l’enseignement, le plan Wallon, voulu par la Résistance, qui aurait dû être la grande réforme de l’enseignement et qui a avorté, finalement, ça aurait coûté trop cher. Mais disons qu’il y avait des classes expérimentales qui essayaient de travailler avec une pédagogie relativement nouvelle. Alors... C’est les plus belles années que j’ai eues, d’une certaine manière. Des classes de vingt-cinq élèves maximum. Un aménagement horaire qui permettait de faire des tas de choses. Il y avait des « études du milieu ». On ne savait pas trop ce que c’était. Quand je suis arrivé, c’était en place depuis quatre ans. Alors on étudiait le milieu historique, le milieu géographique, le milieu industriel. Mois j’étais pion mais j’avais en charge quelques uns de ces enfants-là. Parce qu’il y avait les internes de la sixième qui étaient dans mon dortoir et, quand même, je voyais ce qui se faisait. De temps en temps on voyait les profs et tout ça. Après, j’ai passé l’équivalent du CAPES, ça s’appelait le CAEC à l’époque mais c’était la même chose. Je l’ai passé en 1951 et donc j’avais fait une demande de nomination, à l’époque on était nommé tout de suite. Je savais qu’il y avait un collègue qui partait à Beauvais. J’ai su qu’il y avait un poste de libre. J’ai dû être nommé le 24 septembre pour la rentrée du 1er octobre. Entre-temps il a fallu faire quelques démarches. Bref, j’ai commencé à la rentrée 1951 à Creil. C’est d’ailleurs à la suite de ça que j’ai commencé à faire un camp de vacances. Ça s’est emboîté comme ça. Parce qu’en classe de cinquième, on travaillait par centres d’intérêt. Les élèves avaient choisi la montagne. Bon, alors tout le monde parlait de la montagne… même si on n’y avait pas été. Alors on essayait de centrer le thème à partir de textes d’auteurs français. Et puis, c’est vers le deuxième semestre qu’il y a des gars, il y a des élèves qui m’ont dit : « ah… ça serait bien qu’on y aille »… (rires) Alors, en plus, le directeur était lui-même un gars du Jura, qui partait en vacances dans les Alpes en général. Quand je lui ai parlé de ça, ça lui a plu tout de suite parce qu’il était amoureux de la montagne. Et c’est lui qui m’a dit : « écoutez, la première année, n’allez pas dans les Alpes, c’est un peu dur, ils sont quand même petits les enfants. Allez plutôt dans les Vosges ». Il avait traîné ses bottes par là, il avait même des cartes. Moi, je n’y avais jamais mis les pieds à ce moment-là. Mais c’est un pays où il y a des tas de sentiers balisés. C’était magnifique. On est parti quinze jours avec onze élèves, onze gars, dans les Vosges. Au mois de… je ne sais plus, juillet-août 1951. C’est comme ça que ça a commencé.

- Puis cela a continué au collège Gabriel Havez

- En fait, au départ, Havez n’était pas un CES, mais une annexe de l’ENP. L’ouverture a été extraordinaire parce qu’il n’y avait qu’un seul bâtiment même pas clos selon les collègues qui étaient là dès le début avant que je n’arrive. Deux ans plus tard, c’est devenu administrativement un CES. Un deuxième bâtiment a été construit avec des bâtiments pour l’administration et la cantine. Quand je suis arrivé en1965, ça ne faisait pas longtemps que le Principal avait été nommé. Ça se mettait vraiment en route. L’ancien directeur avait encore un bout de logement dans le premier bâtiment. Ben oui… J’ai vécu heureux là dedans pendant 22 ans… dans un baraquement …

- Oui…le baraquement…à l’entrée du collège…

 - Parce que je l’ai demandé. En fait, les premières années, à Havez, il y avait mille, mille deux cents élèves, avec des classes très nombreuses. Ce qui fait qu’on n’arrivait jamais à avoir sa salle. On passait son temps à se balader, à se balader… Alors je ne sais plus si c’est en 72, 73 ou 74, par là, j’en ai eu marre de me balader. Tous les ans, je demandais si on ne pouvait pas avoir une salle, on me répondait que ce n’était pas possible et c’était vrai. Donc j’ai dit : « Et si je prenais un baraquement ? ». Ah oui… parce que personne n’aurait aimé en avoir ni n’en voulait. Alors je leur ai dit : « Je vous propose de prendre un baraquement… mais j’y reste ». J’en ai fait deux, un du côté des pompiers, mais qui n’y était plus quand tu y étais, et puis celui de l’entrée. A un moment donné, il y avait, le long des pompiers, trois baraquements qui avaient été réformés. Des bâtiments préfabriqués comme ça, que l’Education nationale livrait, il y en a eu un peu partout quand le directeur disait qu’il n’y avait plus assez de locaux, tout simplement parce que la communauté scolaire grandissait trop vite. Ça a duré longtemps. Et puis finalement… on était bien là-dedans… on avait un bon poêle, ça allait quoi (rires). Quand j’ai changé de baraquement, j’ai demandé qu’on me transfère le poêle… parce qu’il marchait bien (rires).

 - Et donc, tous les ans, vous avez emmené les gamins en vacances...

- Ça s’est trouvé comme ça. La deuxième année, nous sommes partis dans les Alpes, il y avait dix-huit élèves ; la troisième année, en Corse, cinquante… avec des collègues, des copains, tout ça. Et je les ai emmenés en vacances jusqu’en 93. Alors justement en 93, j’ai dit que j’arrêtais et d’ailleurs, j’ai arrêté de les emmener. A ce moment-là, quelqu’un du Service Jeunesse s’en est inquiété et a décidé, en quelque sorte, de donner une suite à ça. Il nous a suggéré de créer l’Association Creil Escapade. Alors, par ce biais, un groupe est parti au Maroc en 94, et on m’a embarqué pour préparer le terrain. J’avais commencé dans le cadre de l’ENP, puis du collège. C’était des camps de vacances d’établissement. Ça se faisait beaucoup au début, parce que, à l’époque, on a été aidé… Dans l’enseignement technique, ce genre d’organisation était une grande tradition. Il y avait l’A.R.O.V.E.T, Association régionale des œuvres de vacances de l’enseignement technique, ce qui permettait d’avoir une raison sociale et une subvention importante. Quand on avait obtenu l’agrément, la subvention était attribuée automatiquement par camp, au nombre d’enfants. Ensuite l’A.R.O.V.E.T est devenue l’A.R.O.E.V.E.N, l’Education nationale donc…Quand je suis arrivé à Havez, nous sommes devenus un camp de vacances de l’A.R.O.E.V.E.N, jusque dans les années 80. C’étaient des associations régionales donc par académie. Ensuite, l’A.R.O.E.V.E.N. d’Amiens a connu des affaires invraisemblables de malversations, de tout ce qu’on veut… Bon, bref, l’A.R.O.E.V.E.N. d’Amiens est morte en 1980, 81 ; pendant un an, on a dû avoir un fond de crédit que Havez a récupéré. Et après ça, on est devenu le camp de vacances de la coopérative de Gabriel Havez. Le problème alors, c’est qu’on n’avait pratiquement plus de subvention. La situation des gens n’était pas trop catastrophique à l’époque sur le plan financier, alors on arrivait à vivre comme ça. On sortait et de temps en temps, on avait un p’tit machin d’Amiens. Et donc ça a duré jusqu’en 1992… Fin 92, ça devenait délicat : on ne voulait plus de nous. En 93, on a quand même fait le camp mais sous une autre étiquette par le biais d’une association.

- Et aujourd’hui ? Vous continuez à partir ?

- Je fais le repérage.

- Vous partez toujours avant ?

Jusqu’à présent, je suis toujours parti avant, avec un ou deux animateurs. Cette année, c’est la Croatie. Quelquefois on écrit, mais on ne vous répond pas. L’autre jour, on a reçu un coup de fil de Dubrovnik, en anglais. Moi, je ne sais pas un mot d’anglais. C’en est resté là. Il y a une Alliance française à Split, je leur ai écrit, ils n’ont pas répondu… Je téléphone : « Ah oui ! C’est vous… vous avez écrit il y a quelque temps, non ?... Au fait, qu’est-ce que vous cherchiez ? » (rires). Je devrais rappeler ces temps-ci, mais je ne sais pas si je vais le faire ou si je vais me contenter… Si je suis sûr d’y aller avant, ça sera aussi bien, on s’arrangera au dernier moment.

- Et avec les enfants, ça se passe comment ?

- On n’a jamais eu de gros ennuis, sauf, les dernières années, où ça a un peu flotté, mais je pense que l’encadrement était flottant aussi, alors on ne peut rien dire. Mais les groupes que Pascal Gosselin (responsable de l'association Creil Escapade)  a emmenés en Grèce, en particulier Havez en l’an 2000, ça a été vraiment du gâteau, y compris dans le camping. Ils sont restés en très bons termes avec tous les patrons du camping. Ce n’est pas évident quand tu te balades avec un groupe. Ce qui m’avait frappé la dernière fois que je suis allé avec eux, c’était au Portugal il y a deux, trois ans, en 2001. J’étais resté à les attendre, dans un terrain, ce n’était même pas un camping, et bon, ils n’étaient pas faciles à calmer. C’était un groupe pas désagréable mais quand même agité, c’est la réputation d’Havez d’ailleurs. Comme disait toujours la prof de Gym à Havez quand elle emmenait des groupes : « Ils sont gentils, les enfants, mais qu’est-ce qu’ils font du bruit ! » (rires). Ce qui m’avait frappé, c’est que, bon, je les ai quittés là, juste avant la dernière étape, et ils ont fait un très bon retour. Ils ont eu juste un petit pépin parce qu’il y a un gars qui a jeté un mégot et ils ont foutu le feu à un champ. Y a pas besoin d’être d’Havez pour ça ! Non mais c’est vrai, quoi… Ce qui m’a frappé, ça a été le dernier camp, au Portugal. On était dans un orphelinat, un endroit où on retournait régulièrement quand on allait là-bas. C’était d’ailleurs en travaux, il y avait un petit terrain où camper. J’étais arrivé un jour ou deux avant eux pour bien voir les lieux, mais j’avoue que j’étais inquiet, parce qu’il y avait des choses qui étaient sacrément sommaires, c’était les sanitaires : deux ou trois toilettes, deux douches, trois lavabos, pour quand même cinquante…Je me suis dit « oh là là... qu’est-ce que ça va faire ? ». Et il ne s’est rien passé du tout. On n’a eu aucun problème. Les gosses étaient d’ailleurs beaucoup plus calmes au retour qu’à l’aller, peut-être qu’ils étaient fatigués !

 - Le maximum d’élèves que vous avez eus, pour avoir une idée, quand il y avait de grands groupes ?

- Des hordes ! (rires) On a dû monter à cent-quatre-vingt, au Portugal d’ailleurs, le premier Portugal. J’ai des archives de tout ça. Je ne sais pas si on pourrait le refaire. Ça, c’est peut-être un changement dans les mentalités. Je ne vois pas ça se faire à l’heure actuelle. Il y avait des moments où c’était un peu le foutoir mais quand même… Je ne sais pas si ça arriverait à être vivable. Parce qu’en fait la question est : ça marchait, pourquoi ? Parce que chaque groupe fonctionnait bien. Parce que tout seul, tu as beau être Directeur, tout seul ce n’est pas toi qui… quand il y a cent cinquante personnes… On ne manie pas cent cinquante personnes ! Tu peux travailler en cohésion avec les animateurs. On a bien eu jusqu’à huit ou neuf groupes. Parce que ça nous semblait évident mais ce n’est pas évident pour tout le monde. On a relativement peu de moyens. En ce qui concerne les animateurs, certains s’y mettent très bien, d’autres ne s’y mettent pas. Tu as des gens comme Jean-Marie, tu l’as peut-être connu, tu sais qu’il s’occupe des grands, tu ne t’inquiètes pas. Parce qu’il y a des gens comme ça, c’est tout. Parfois il y a des difficultés, des animateurs qui, à la dernière minute, ne peuvent pas venir, il faut alors les remplacer. Ou alors, je me souviens d’un gars qui a fait ce qu’il a pu mais qui s’est retrouvé avec une animatrice qui n’était pas drôle, c’est encore autre chose… bien qu’enseignante… et qui ne reviendra pas … (rires). Ah… ce n’est pas facile le « casting » !

- Est-ce qu’il y avait des équivalents, d’autres initiatives comme celle-là ?

- Je n’ai jamais su… En itinérant, je ne sais pas. En fixe sûrement. Dans l’Enseignement technique, il y a eu sans doute quelque chose comme ça. C’est vrai que, quand on annonçait notre effectif, en général… D’ailleurs… il y a ça aussi, je ne suis pas sûr qu’à l’heure actuelle… maintenant quand tu annonces un groupe de cinquante dans un camping, on te regarde, et on te dit non. Certains campings ne prennent pas de groupes. Alors toi, en Grèce, c’était en 1987, tu t’en souviens ? Pour aller à Mykonos, nous étions partis du Pirée ou du petit port à côté ?

- Je ne sais plus… Je ne sais plus d’où on était parti… je me souviens de l’arrivée… Justement… il fallait qu’on soit sage, on ne l’avait pas été, et vous nous aviez engueulés sur la place de Mykonos.

- Je m’en souviens, oui.

- Parce qu’il n’y avait pas de camping en fait…

- Et il ne fallait pas se faire voir… Ils l’ont encore fait en 2000.

- Mais alors, côté pratique, quand vous décidez de faire un camp, je suppose qu’il y a quelque chose à faire auprès de l’Education Nationale…

- Auprès de la Jeunesse et des Sports. Les camps doivent être déclarés, dès qu’il y a plus de douze personnes, je crois, plus de quatre ou cinq jours.

- Et comment faisiez-vous alors…parce que, quand je suis partie en Grèce, je me souviens que je n’avais pas mes papiers tout à fait en ordre

- Oui, ben ça, c’est quelque chose qu’on ne peut plus faire maintenant.

 - J’avais je ne sais plus quel problème avec mon passeport et il y avait une frontière qui était particulièrement délicate à passer.

- Oui, la Grèce.

- Et une des animatrices avait résolu le problème, elle avait été extraordinaire.

- Oui…Christelle…C’est sûr, c’est elle… Ben si tu veux, les papiers, c’est à nous de nous débrouiller pour les avoir. Tant qu’il ne se passe rien, c’est tout. Alors quand je pense aux gens qu’on a passés comme ça, en douce, il y en a eu un certain nombre... Moi, je ne savais pas comment faire, mais j’avais des copains étonnants, surtout avant toi, quelques années avant… Quand on prenait le train des fois… il y avait une façon de flanquer un tel bazar qu’à la fin, les gens ils renonçaient. J’avais un copain qui avait le chic pour tout emmêler. Personne n’y comprenait plus rien ! Oui, ça nous est arrivé. Un des plus beaux coups qu’on ait faits, c’est en 92 pour la Grèce. On a passé une petite qui n’avait pas de papiers. Une histoire de fous. Une famille avec des difficultés. On avait déjà emmené les grands, un ou deux ans avant. Tout d’un coup, on apprend que les enfants ont été mis à la DASS parce qu’il y avait des problèmes dans la famille, etc.…Bon, donc on contacte la DASS pour demander si on ne pouvait pas emmener les gosses vu qu’ils étaient inscrits. On avait encore un mois à peu près. Ils nous ont dit « Non, ce n’est pas possible, parce qu’il faut qu’ils s’habituent ». Donc ils ne nous ont pas lâché les gosses. Mais dix jours après, ils retournent dans la famille et donc ils viennent en Grèce, les trois enfants, dont une petite qui avait une dizaine d’années, quoi. La petite s’amène, elle me saute au cou, elle me fait la bise… et la mère me dit qu’elle n’a pas ses papiers (silence). La gamine me regarde, je lui dis : « Monte ! », mais oui, mais après ?... Là, pour entrer en Grèce, il y avait une animatrice qui avait sa fille sur son passeport. Ben voilà (…). Bref, on parlait de Mykonos…

- Oui, il n’y avait pas de camping et c’était très bien …

- Maintenant, on ne peut plus faire du camping sauvage comme on faisait…J’en ai d’excellents souvenirs. Un jour à Syracuse… il y avait un terrain comme ça, entre des H.L.M. et un terrain vague …Un jour, vers midi, on voit des gens qui nous appellent des fenêtres, et qui font descendre quelque chose au bout d’une ficelle…c’était des glaçons ! J’ai des souvenirs formidables comme ça : ce qui se passe avec les gens.

Oui, en Sardaigne, il y avait une fête populaire, nous avions tous dansé avec les gens du village, tous en groupe.

- Ah oui…

- J’en garde un merveilleux souvenir.

- Oui, ben ça ne m’étonne pas.

Donc, en somme, vous avez eu deux métiers, Monsieur Alési ?

- Oui… Mais enfin quand même…celui-là prenait moins de temps… Maintenant, à la limite, ça me prend plus de temps, si j’ose dire, parce qu’il y a tellement plus de paperasse à faire maintenant qu’à l’époque. D’autant plus qu’il faut bien qu’on demande des subventions

Qui subventionne aujourd’hui ?

Nous sommes maintenant subventionnés par la Jeunesse et les Sports, dans le cadre VVV (Ville, Vie, Vacances), opérations VVV qui ont pris la suite des opérations OPE (Opérations Prévention Eté). Il s’agissait de subventionner tout ce qui pouvait empêcher que les étés soient chauds dans les banlieues. C’était ça au départ… Et puis, je n’y connaissais rien. C’est dans le cadre de l’Association… que j’ai été mis au courant de ça, tu comprends ? Parce que moi, j’ai du mal dans ce genre de choses, ces affaires légales…C’est terrible, mais je suis allergique à tout ce qui est lois, tout ça. Alors donc, on a cette subvention et on en a une de la ville. Et, cette année, on aura peut-être un complément du Conseil Général, si on en a besoin, parce que s’il faut un Directeur qui ne soit pas un de nos copains, il va bien falloir trouver le moyen de le rémunérer un peu. Ça me fait suer, parce que c’est plus la même chose. D’un autre côté, c’est indispensable, sinon, on ne part pas. On ne va pas annoncer aux familles qu’on ne part pas. Ce qu’il y a surtout, c’est que, si on ne part pas, ces gamins-là ne partiront pas. C’est ça le problème. C’est ça qui serait embêtant. Ils ne verraient pas la Croatie et resteraient à Creil. Ah…on va y arriver. J’ai vraiment raclé les fonds de tiroir de tous les copains. J’en ai un tas qui seraient disponibles éventuellement.

- Monsieur Alési, quand vous avez commencé à emmener les gamins, ça s’inscrivait dans la continuité du programme d’étude. Et, ensuite ? Vous étiez tout seul. Il y avait des gens avec vous ?

- C’est une affaire qui s’est faite entre copains. Pour le deuxième groupe, ils étaient dix-huit, je suis parti avec un gars qui était, à l’époque surveillant à l’E.N.P. L’année suivante, c’était avec un collègue qui était aux ateliers. Et puis, pendant un certain nombre d’années, il y a eu un collègue par-ci, un collègue par-là, et puis un professeur de Maths qui a fait un ou deux camps avec moi, jusqu’au jour où il est devenu Maire de Verneuil…c’était foutu il fallait qu’il y soit pour le 14 Juillet (rires). C’est idiot mais c’est vrai. Ses fils sont venus, puis sa fille. Et puis, en 62, j’ai embarqué un collègue des ateliers qui s’appelait Thomas. Il a fait la Sicile en 62, et a fini en 77. On a fait seize camps ensemble. Et on a fait ensemble les trois-quarts des repérages avant le camp. Et, comme il était prof d’atelier, quinze jours avant le départ, un samedi après-midi, j’emmenais la 2 CV à Nogent-sur-Marne et dans les ateliers, on faisait ce qu’il fallait pour la mettre en état (rires).

C’est quoi votre secret ?

- Elle était moins belle il y a quelques années… Mais il y a deux ans, on l’a repeinte avec de la vraie peinture pour auto. C’est pour ça qu’elle est si belle !

Tout à l’heure, on va la prendre en photo.

- Oui… (rires). On l’entretient, c’est tout, on l’entretient. Heureusement, je connais un petit garagiste, un petit artisan, ce n’est pas facile à trouver. Le jour où le châssis pourrira, ce sera foutu, quoi. Le dessous est très corrodé. Mais le châssis est bon.

-Vous l’avez depuis quand ? C’est vraiment un grand mystère pour nous tous.

- Elle est de 59. On a quand même changé une fois le châssis, en 76 ou 80, je ne sais plus. Ce garagiste faisait les pneus chez Shell. Maintenant, on se connaît, il voit ce qu’il y a à faire et il le fait, c’est tout. L’autre jour, c’est lui qui l’a emmenée au Contrôle technique. Tu sais, ce contrôle technique précise tout ce qu’il est recommandé de faire… mais que tu n’es pas forcé de faire…il y a dix-huit points de contrôle (rires).

- Elle a été partout cette 2 CV ?

- Ah ben, elle a vu tout le pays, et elle a fait tous les camps jusqu’en 93. Un journaliste me l’a demandé l’autre jour, j’ai calculé qu’elle doit avoir 5 ou 600 000 kms. mais elle doit bien en avoir 150 000 de camps de vacances. Parce que, quand tu comptes une trentaine de camps, à raison de 5000 bornes par camp, ça fait bien les 150 000… De toutes manières, c’est le cinquième ou sixième moteur, je ne sais plus. Il vient d’Avignon d’ailleurs. On l’a changé en 93. On a eu du mal à arriver jusqu’à Avignon… La caisse commence à souffrir sérieusement, on a des morceaux à chaque fois. Le moteur, c’est le même garagiste qui s’en est occupé. Il a changé la boîte de vitesse il y a quelque temps. Enfin, c’est là qu’on voit que, même si tu peux régler toi-même ta 2 CV, quand c’est fait par un type du métier, ça se sent.

sábado, 24 de marzo de 2012

La casa nueva

Nosotros, los que hacemos este espacio, también recibimos cartas a veces. No son exactamente como las de antes pero son cartas, no palabras sueltas, no palabras abreviadas, son palabras enteras y por eso las publicamos. Tal como nos llegan: enteras.

Días atrás, me emocioné cuando mi compañera me dijo que nunca tuvo una casa tan linda como ésta en la que vivimos. Terminó de decirlo y se me agolparon un mundo de cosas. Apareció la imagen de la sala de Foster y Apoquindo, allá en Santiago, y recordé “La casa nueva”, el vals de Tito Fernández. Cantaba el Temucano: “Hoy estamos de fiesta, tenemos nueva casa… Vamos a vivir unidos en este minuto nuestra eternidad”. El recitado del valsecito (“La casa nueva, nuestra casa. Fruto de tantos años llenos de penas blancas”), me llevó a pensar en las casas de mi familia, en las mujeres de esas casas, en el cobijo que nos dieron, en el amor que ellas les pusieron. Y también en las “penas blancas” de esas mujeres, en la ausencia de techo muchas veces, en la falta de todo lo necesario otras tantas, en sus angustias de madres, en su coraje y en sus audacias. ¡Qué poco sabemos los hombres de tantas cosas! Recordé entonces el escrito de mi abuelo, cuando decía que nunca había podido olvidar “las cuatro palabras del epitafio antiguo: ‘Ella cuidó la casa’. Nadie le ha dicho más al corazón de una mujer, seguramente porque aquella mano, temblorosa de amor y sufrimiento no escribió para la mujer de sus amores, sino para la ausente de su amor: para la madre. ‘Ella cuidó la casa’… ¡Qué sencillo!, como que es sencilla siempre la ciencia insuperable del sentimiento”. Así de sencillo y hondo fue el regalo de Sandra, su dulce comentario: “Nunca tuve una casa tan linda como esta”. Y entonces tuve ganas de hacer como el Temucano y decirle: “Déjame bailar contigo la alegría linda del último vals… Déjame mirar tus ojos recordando tiempos que no volverán, amor, amor, amor”.

Carlos Semorile

jueves, 22 de diciembre de 2011

Una Carta


A Carlos Semorile le ha sucedido algo poco usual. Ha recibido una carta. Una carta es un objeto en vía de desaparición que deberíamos salir a defender porque en ese pedacito de papel se juegan muchas cosas. El tiempo, por ejemplo, que alguien se toma para decirle algo a otra persona. El tiempo que esa otra persona, se toma, para leer, escuchar, lo que ese alguien tenía que decirle. Carlos Semorile ha hecho también algo poco usual. Ha enviado la carta. La ha hecho viajar. Para que otros la reciban. Los documentos a continuación fueron primero publicados en la página dedicada a Don Buenaventura Luna. Con la complicidad de Carlos, reproducimos tanto su propia presentación como la carta que nos ofrece. 

Hace unos años viajamos a Calingasta, ese sur sanjuanino singularmente bello que es reconocido por su observatorio astronómico ubicado en la Pampa del Leoncito. Pasamos por su desértica “pampa”, por las arboladas villas de Barreal y Calingasta, por el magnífico Alcazar donde los huarpes del cacique Huazihul se inmolaron antes de ser esclavizados por los españoles. Pero nuestro destino era Tamberías, el pueblo donde Eusebio Dojorti estuvo secuestrado en 1932 junto con sus compañeros del diario “La Montaña”. Después de algunas vueltas, conseguimos ubicar la cárcel de la cual fugaran los periodistas luego de estar 77 días engrillados, hambrientos y sin abrigo suficiente para pasar el duro invierno cordillerano. Entre las ruinas de la antigua comisaría, se levanta la casa donde vive la familia Tello: ellos nos dejaron pasar a fotografiar la finca, y, entre presentaciones y charlas, nos brindaron la cristiana hospitalidad de hacernos sentir “como en casa”. Escribimos estas líneas porque ayer nos llegó una bella carta enviada desde Tamberías. La escribe Estela Campos, y en ella late esa “patria más dulce y suave” a la que todos aspiramos. La compartimos porque no puede ser solo nuestro el privilegio de este tesoro en el que, una vez más, se trasluce que “la patria es el pueblo”, y que es del pueblo la cultura que resiste los embates de la “civilización”.

Tamberías, 28 de Noviembre de 2011.

Querido Carlos: después de tanto tiempo vuelvo a ponerme en contacto con Uds. a fin de contarle: yo soy una nieta del Sr. Ernesto Tello. A lo mejor no me recuerda: mi nombre es Estela y vivo con ellos desde que tenía ocho años (…) Hemos estado muy consternados con el fallecimiento de mi abuela Antonia; gracias a Dios con el tiempo fuimos superándonos, claro que nunca del todo. El motivo de mi carta es para contarle que desde el año pasado formé un ballet folklórico, el cual decidimos bautizarlo como “Ballet Buenaventura Luna”, que está integrado por 26 personas que van desde niños de 5 años, jóvenes y adultos, los cuales hicimos la apertura de la Fiesta del Ajo 2011, y hemos sido convocados nuevamente para el 2012. Participamos en todos los eventos que nos invitan dentro del Departamento. Le cuento que con mucho esfuerzo hemos confeccionado nuestra vestimenta; los chicos salen a vender tortitas y sopaipillas que las madres preparan. Nuestra meta es poder comprarles a los varones sus botas. Bueno, sin nada más que contarle me despido con un abrazo, y esperamos que puedan venir a conocer a los chicos del Ballet. Me gustaría que pudiera venir a la Fiesta del Ajo que a ser el 28/01/12.
Espero no se ofenda porque yo le puse el nombre de don Buenaventura Luna a mi ballet, pero lo hicimos por el cariño y respeto que él nos inspira.
Gracias,
Estela Campos

jueves, 8 de diciembre de 2011

Infancia(s)

Proyecto Infancia(s). "Todo tiene un sonido".

Documento audio. Grabación de Azul (6 años) e Ignacia (12 años), experimentando con ramas y objetos (abanico, lápices, hojas de papel...) encontrados en una terraza y en una oficina. Las imágenes no tienen relación directa con el contenido sonoro pero remiten a las autoras.


lunes, 28 de noviembre de 2011

Voz de Cándida

Esta es la primera entrega de una serie. La voz de... Serie presentada por diversos colaboradores de este espacio, quienes leerán algún corto fragmento de lo que les guste más. Un texto, una lista de compras, lo que sea. Acá la propuesta de Cándida que se equivocó dos veces, una cuando empezó a leer en medio del párrafo elegido, luego cuando en vez de leer en castellano, leyó en francés. Hemos dejado ambos errores... porque el error es humano...

Fragmento de “La simpatía humana” (Aguafuertes Porteñas, 1933).

“Cada hombre y cada mujer encierra un problema, una realidad espiritual que está circunscripta al círculo de sus conocimientos, y a veces ni a eso.

Hasta se me ocurre que podría existir un diario escrito únicamente por lectores; un diario donde cada hombre y cada mujer, pudiera exponer sus alegrías, sus desdichas, sus esperanzas. Otras veces, me pregunto:

‘¿Cuándo aparecerá, en este país, el escritor que sea para los que leen una especie de centro de relación común?’

En Europa existen estos hombres. Un Barbusse, un Frank, provocan este maravilloso y terrible fenómeno de simpatía humana. Hacen que seres, hombres y mujeres, que viven bajo distintos climas, se comprendan en la distancia, porque en el escritor se reconocen iguales; iguales en sus impulsos, en sus esperanzas, en sus ideales. Y hasta se llega a esta conclusión: un escritor que sea así, no tiene nada que ver con la literatura. Está fuera de la literatura. Pero, en cambio, está con los hombres, y eso es lo necesario; estar en alma, con todos, junto a todos. Y entonces se tendrá la gran alegría: saber que no se está solo.

En verdad, quedan muchas cosas hermosas, todavía, sobre la tierra”.

Roberto ARLT


domingo, 13 de noviembre de 2011

Ni las “de nada”

Yo no me he presentado y no lo haré con mayor profundidad. Para este caso solo importa que sea profesora, no porque lo haya estudiado, o haya sido mi pasión, sino porque ocurrió (a pesar de que ahora es una de mis pasiones). No soy profe de niños, ni siquiera de adolescentes sino de universitarios, hombres y mujeres adultos (por lo menos en definición, puesto que casi todos son mayores de edad, y recalco, casi todos). Mis estudiantes van de 17 años, el menor, a 62, el mayor. La edad es algo que yo siempre pregunto casi es mi fascinación: saber con quién estoy tratando y en la edad está también involucrado el quién es cada persona (según yo); y como además no tengo problemas con mi edad, 26, por si alguien tuvo curiosidad, etc. Llevo poco más de un año siendo profesora, o maestra como algunos me llaman y ha sido todo un reto. Mi mayor preocupación es que mis alumnos entiendan qué les estoy diciendo, como no tengo entrenamiento oficial para ello, es todo un trabajo a veces. Antes de entrar en la pequeña historia que quiero comentarles y sin desmerecer ningún otra profesión que se enseñe, digamos que la que yo pretendo enseñar, te saca de tus parámetros normales de entendimiento, te encasilla en algo y eso es lo que más le cuesta a la gente que lo estudia, entender una lógica, que probablemente para nadie más, es lógica. Hecha esta breve aclaración, aquí va lo que les quería contar.

Un día de clases como cualquier otro, mis alumnos me pidieron que les explicara algo que no entendían, ya había sido visto con otro profesor, pero no lograban entender qué era lo que quería decir (como si les hablaran en un lenguaje paralelo, era español pero uno que no conocían). Ese pedido me tomó por sorpresa, pero ante mi interés de que entendieran, me tiré al agua y empecé. Al haber hecho mi poco elaborada explicación, pregunto “¿me entendieron?”, la gran mayoría dijo “sí”, pero unos pocos, entre los cuales estaba mi alumno de 62 años, dijeron todavía “no”. Por lo que busqué una nueva forma de explicar lo mismo, pero haciéndolo más palpable, más real (por así decirlo). Pregunté por segunda vez y el “sí” convocó más alumnos, pero hubo un “no”: el de mi alumno más grande del curso. En ese momento pedí excusas al curso y les dije “voy a explicar esto otra vez, pero solo para don X, para que él entienda”. Busqué una tercera forma de explicar lo mismo, prestándole fiel atención a él, solo a él, puesto que era él que faltaba y no entendía. Al terminar y esperando que hubiese resultado esta nueva técnica, lo miro y le pregunto: “¿me entendió?”. Me mira y me dice “SI, AL FIN, GRACIAS”. Yo muy orgullosa, respondo: “de nada”. Y volví con el resto del curso.

Al terminar ese día, don X se me acerca otra vez y vuelve a agradecerme, pero agrega, “por primera vez entiendo para donde va todo esto, me sacó de la nebulosa en la que estaba, así que, gracias”. Yo ni las “de nada” pude contestar.


Carmen

jueves, 10 de noviembre de 2011

Puerta de entrada


Un puñado de jóvenes que habían dejado sus juegos infantiles –el menor tiene catorce años y los mayores casi veinte­–­, comenzaron a elegir otros juegos, otras formas de jugar la vida. Todos ellos son gustosos de andar leyendo o escribiendo por ahí.

En esa búsqueda se encontraron un domingo queriendo armar una editorial y les gustó, entonces repitieron ese encuentro otro domingo, y otro y todos los domingos que quedaban del otoño, los del invierno y los que van de la primavera.

Seguramente compartieron sus escritos, tal vez leyeron otras cosas, discutieron, proyectaron, seleccionaron qué publicar, cómo hacerlo, qué nombre ponerle, dónde, cómo y cuándo presentarse; ultimaron todos los detalles y se pusieron en marcha.

La otra noche los vi alrededor de una mesa armando su primer librito –ellos me pidieron que lo llame así. Mariano ordenaba las hojas y se las pasaba a Nacho –pequeño– para que las abrochara, Clara preparaba las tapas, Majo los enumeraba, al principio Camila amasaba pizzas e intervenía opinando, luego se ocupó de la guillotina. Se escuchaba una vieja máquina de coser que armaba bolsitas con un liencillo que había sido teñido y estampado por ellos. Cuando se cansaban cambiaban de tarea y seguían.

La charla era de lo más variada y circulaba con fluidez, igual que las pizzas y las partes del librito que se iban encajando. Cada tanto se escuchaba una puteada de Nacho porque la abrochadora no respondía a sus comandos o alguien que preguntaba: –¿Cuántos vamos? – ¡Dieciséis! Algunos festejaban y Mariano, con voz grave, decía: faltan ochenta y cuatro…

Fue emocionante verlos, escucharlos, sentirlos.

El domingo 13 de noviembre de 2011, en El galpón de las artes de Mar del Plata, con un evento que han dado en llamar Festigramillo, estos jóvenes presentan a Gramilla Editorial Independiente y a su primer librito Puerta de entrada.

Si se te cruza un puñado de jóvenes que dejaron sus juegos infantiles, detenete a observarlos, escuchalos, abriles la puerta si quieren entrar, disfrutalos; ellos no son el futuro, son el presente intenso, vivo, maravilloso.

Cecilia Vaisman

domingo, 2 de octubre de 2011

Cerro Salamanca

Cándida nos deja esta canción como apunte sonoro. Dice que se puede escuchar pero no llevar ni bajar ni subir como no sea a cuestas para llevarlo en el alma. "Cerro Salamanca", chacarera, de y por Carlos Di Fulvio. Del disco Se acuerda Doña Maclovia?... El video es sólo para escuchar por eso viene negro despues de la foto para que cada cual imagine lo que... se le cante... sin querer ofender... Agregamos que hace demasiado tiempo que Di Fulvio no está en ningún teatro. Por eso recibimos el apunte; porque precisamos de Di Fulvio dónde sea y cómo sea.


sábado, 1 de octubre de 2011

Una promesa

Armand Mattelart, fragmento de una entrevista sobre la película La Espiral (1976):

“A más de treinta años de distancia, los rostros de ese pueblo que dan vida y dignidad a esa película me conmueven y me interpelan como el primer día. No dejan de confortarme en la idea de que el futuro no será fatalmente a imagen y semejanza del presente. Siguen siendo una razón de vivir y de pensar”.

La Espiral trata de las condiciones que hicieron posible el derrocamiento del gobierno de la Unidad Popular en Chile. Los invitamos a leer la entrevista completa donde se evoca con precisión cómo fue hecha la película, por quiénes, con qué tipo de dificultades, de apoyos.

Y de qué extraña manera todo partió de la promesa que un hombre hizo a otro hombre.


viernes, 30 de septiembre de 2011

El árbol de Luis

Quisiera vivir en un árbol,

en la oquedad del árbol de la noche.

Me dormiría en este vientre seco,

regresando a la corteza

de la tibia quietud que me devuelve

a la tierra final de mi destino”.

Luis Oyarzún

Valdivia es una ciudad ubicada en el sur de Chile. Como en toda esa región, si no está lloviendo, está por llover. En los años 60´, podría casi haberse descrito una típica y perfecta ciudad de provincia al estilo Pleasantville (pero en el mundo real, obviamente: ni tan típica ni tan perfecta). Tenía su universidad, su correo en la Plaza, su radio, sus barrios, su paseo junto al río y su par de famosos cafés en los cuales se congregaban los habitantes a compartir un rato escapando de algún aguacero.

Pero como en las películas, la modernidad comenzó a llegar y con ella un proyecto de construcción. El Banco del Estado compró a finales de esa década un terreno en pleno centro en el cual proyectaba edificar sus nuevas oficinas. Pero los planos implicaban derribar un árbol único y centenario que se encontraba en ese mismo espacio.

Y de esto se enteró Luis Oyarzún. Luis era profesor de filosofía en la Universidad Austral, poeta y gran orador. Quienes lo conocieron creen que como él debe haber sido Sócrates. Pero también era un amante de la botánica y abogado de la Tierra. Por ello, inició una defensa de ese árbol que tal vez había visto hasta la llegada de los españoles. Realizó una campaña sin tregua a través de los medios de comunicación, sensibilizó a mucha gente hasta que finalmente consiguió que el edificio nuevo se construyera justo a un costado del tulípero.

Cada vez que voy a Valdivia, visito “el árbol de Luis”. Como si se tratara de una peregrinación. Pero cuando viajé el año pasado, tuve una grata sorpresa. El árbol estaba ahí, al final de una callecita, con la torre de la Iglesia Luterana de fondo. Al acercarme, vi que había algo más, una cosa muy pequeña y significativa: una placa. Una placa recordatoria de este académico y escritor que tanto quería a la naturaleza. Esta iniciativa había sido patrocinada por diferentes instituciones académicas y gubernamentales que tuvieron la sabiduría de ilustrar el homenaje con unos versos del mismo poeta.

Como todo detalle preciso, el hecho de encontrar esa placa fue bello, conmovedor. La historia de amor entre un hombre y un árbol. Grabada ahí para siempre. Para recordar que, más allá de la ignorancia, el olvido y la vulgaridad que vemos a diario, sí existen gestos de memoria, sí permanecen en el corazón colectivo ciertos seres humanos y sí, las ciudades pueden dejar entrever a los peatones que no todo lo que encuentran a su paso es casual y que hay rincones que parecieran no tener trascendencia, pero que no olvidan a ciertas personas, muy locales, muy de ahí, que como en la canción se fueron con “la lucha a cuestas y el alma abierta”.

Val


jueves, 29 de septiembre de 2011

Una voz

Esta voz no habla en castellano. Pero tampoco habla solamente francés. Habla un idioma especial, un idioma que es suyo, de la voz. Próximamente les contaremos lo que decía, lo que sigue diciendo ahí donde se encuentra.

Este apunte sonoro se vincula con la nota "Un profesor".
Ver también en francés: Un type du métier

Pulsar el botoncito... y escuchar. 


miércoles, 28 de septiembre de 2011

Teje que teje


Creo que uno de los primeros hitos en mi vida debe haber sido cuando aprendí a tejer. O uno de los primeros hitos que recuerde porque sin duda antes hubo el aprender a caminar, a leer y a escribir. También a contar, por cierto. Pero conservo sólo una vaga idea de cómo sucedió todo eso. Sí puedo evocar de manera muy nítida encontrarme en la sala de mi casa en el sofá con mi madre, muy cerca para alcanzar a ver sobre su hombro cómo funcionaba esta maravillosa cosa que me iba a permitir tener una bufanda ¡hecha por mí misma! Había esperado ansiosa ese momento ya que el trato era que primero ella cocinaba y luego me enseñaba. De modo que la clase tuvo aroma a deliciosa comida preparándose en el horno.

No recuerdo, ni en los diversos trabajos que he tenido en mi vida, haber visto tanta diversidad de mujeres y entendiéndose de manera tan generosa como en grupos de tejido. Me acuerdo perfectamente de varias compañeras de un curso de crochet que tomé hace unos años: había una economista jubilada que estaba aprovechando su tiempo libre en solamente darse gustos; una diseñadora de vestuario con ganas de creaciones nuevas, una estudiante de liceo aficionada a la confección de monitos japoneses, una dueña de casa con su hija adolescente que compartían el entusiasmo de los hilos. Había también una ingeniero civil. Venía a clases en moto. Usaba un traje acolchado de cuerpo entero estilo Kill Bill y aparecía con casco en mano y su bolsito con palillos. Solucionaba todo con fórmulas matemáticas. Cuando nadie tenía muy claro con cuántos puntos empezar y cómo ir aumentando y disminuyendo para lograr el resultado definitivo, ella compartía la solución que había descubierto: había que calcular que el número inicial fuera un múltiplo del número que una necesitara al final y funcionaba. Optamos todas por creerle y admirar su estrategia. No sé cuántas las utilizaron.

El tejido ha sido practicado por todas en todas partes y en todo momento. Permite tener un vínculo con cualquier mujer como dignas herederas de Eva. Más aún, hasta las diosas tejieron y el que no me crea que vea la imagen más arriba. Y de más está decir que tiene todos los adjetivos positivos existentes: es creativo, recreativo, productivo, permite distraerse, entretenerse, relajarse. Es el único trabajo que admite atención en él pero sin mezquinar la concentración. Yo tejo escuchando música y disfruto cada nota con cada punto en una armonía perfecta. Mi madre tejía viendo seriales policiales. Contaba, sumaba, restaba y al mismo tiempo descubría quién era el asesino.

Pero más allá de sus cualidades, este oficio es además un lazo afectivo que conduce hasta las raíces. Es saber de dónde vengo, recordar lo que me enseñó mi madre y que a su vez le había enseñado su madre, rememorar a mi abuelita (Dios, ¡cómo echo de menos a mi abuelita!). Pero también a mi bisabuela, mi tatarabuela, alguna tía o prima cuyo nombre ni conozco pero que seguramente también se sentó junto a una niñita, como yo, entusiasta y admirada del mundo de las mujeres grandes, a transmitirle lo que a ella le habían enseñado.

Tejer es amar. Es amar su identidad, su origen. Pensar con amor en la chimenea del hogar de su infancia al calor de la cual imaginó su futuro, en la llegada de la primavera para poder usar por fin el chaleco nuevo de algodón, en las tartas de manzana y en el piano como música de fondo. Tejer es amar a las personas que tejieron antes que una. Es amar a las personas para las cuales una está tejiendo. Y tejer es también amarse a sí misma. Amar su propia creatividad, su propio tiempo, su propia sencillez y sus propias memorias.

Val

lunes, 26 de septiembre de 2011

Olga se cruza con “El Morocho”

En esta oportunidad, escribo sobre quien me enseñó a “evocar”, mi abuela Olga Maestre, una mujer que cultivó –al menos para nosotros, sus nietos– una amorosa memoria.

Olga Maestre está por cumplir 17 años, y sale con una de sus hermanas a dar la tradicional “vuelta” a la Plaza 25 de Mayo, pleno centro de la vieja San Juan, la de las casitas con patios, la de los “palacios de adobe”. Se llevan tomadas del brazo, como hacían las muchachas de antes, y así caminan la tarde, con sus pasos cortos y sus sueños largos. En dirección contraria, vienen conversando dos hombres. Acaban de salir de “La Cosechera” y se dirigen al “Cervantes”, o al revés, desde el teatro de José Estornell van hacia la paqueta confitería. Se nota que no son de allí: son los “artistas” que vienen de Buenos Aires, han actuado en Mendoza y, luego seguirán rumbo a Chile. Vida de músicos. Uno de ellos es un guitarrista. El otro es Carlos Gardel. Cuando se cruzan con las niñas, los señores ralentizan sus pasos para insinuar un cabeceo galante mientras acarician apenas las alas de sus sombreros. Por debajo de su chambergo, la sonrisa de Gardel es un fulgor creciente que rivaliza con el sol perpetuo de los cuyanos. Sin embargo, las chicas no se desmayan. Son muchachas provincianas, curtidas, y no están para lujos. Años más tarde, Olga me dirá: “Gardel es el hombre más hermoso que yo haya visto jamás. Los dientes perfectos. La nariz recta. Una linda altura. Fuerte. El otro no era feo tampoco. Lindo hombre. También alto. Lindo color en la cara... Lo que pasa es que los hombres son más lindos que las mujeres, sin pinturas, ni tinturas, sin afeites. No hay engaños con un hombre”. Cuando me contaba estas cosas, Olga se dejaba llevar por un zonda mínimo, imperceptible casi, pero que la envolvía entera cada vez que su tremenda memoria la ligaba a su suelo natal. Esa cálida ráfaga hacía menos dolorosas las turbulencias de una época difícil. Su hombre, un bello y recio varón recién fugado de una infame cárcel cordillerana, caminaba Buenos Aires ensayando oficios y, por esos días de julio del ´33, describía el brillo piadoso de los cirios que millares de manos cargaban en lentas procesiones” durante las exequias de don Hipólito Yrigoyen.

Carlos Semorile

miércoles, 21 de septiembre de 2011

“Mañana, si amanece lindo…”



Uno de los temas que este espacio quiere privilegiar es todo cuanto refiere a nuestras escuelas, a nuestros maestros, a la experiencia de enseñar y aprender. Este es el relato de una maestra y es el relato de un inicio hace 25 años, escrito hace 25 años, en una escuela rural argentina. Ella, Cecilia Vaisman, tiene la palabra.


Lunes 1 de setiembre. 1986. 22.15 hs.

Llegar con sueño al pueblo y encontrarse con que había llovido bastante el fin de semana, no es lo mejor que le puede pasar a alguien que tiene que atravesar 70 km de camino de tierra para llegar a su hogar/trabajo/escuela y, mucho menos, si ese alguien es una “chica de asfalto” y temerosa como yo.

Fuimos coleando en la camioneta hasta lo de un tal Sánchez, primero por el camino de siempre, pero después por una callecita angosta de agua y barro; barro, agua y cunetas.

Luego a la Escuela 20, de acá para allá, rozando los bordes y dejando estela entre la huella patinosa. Ahí, los mates de la espera, más tarde las patinadas a pie hasta La Unión-almacén de ramos generales con equipo de radio-llamada, de ahí por radio a La Choza –puesto más cercano al lugar de destino-. Mientras la tormenta seguía acercándose.

A las tres de la tarde, un sulky y un jinete, Don Pascual Bailón Rodríguez en el rodado –un paisano viejo de esos que se escupen las manos a cada rato, con un montón de nietos-alumnos de acá y de allá-, el jinete, uno de esos nietos, Miguelito, funcionaba como tranquerero y acompañante. Cargar las cosas y salir rápido, antes de que se largue… Bajar por la cuneta en el sulky, cruzar charcos, terrenos desparejos. Boba, la pobre vieja y fea yegua de tiro, se quedaba y recibía continuos latigazos ante los que yo no podía disimular mis gestos de dolor. Tensión y miedo, miedo e incertidumbre.

A mitad de camino, los rayos se aparecían sin que yo quisiera mirarlos, cerca, muy cerca… fueron nueve, once, trece o treinta y cinco, no sé. Mucho más miedo. Enseguida los gotones. El problema no era mojarme o embarrarme yo, ni los libros ni la ropa; el tema eran los rayos, los desniveles, el sulky viejo y destartalado, la pobre yegua, el paisano abuelo, Miguelito. Ya no me entraba más miedo en el cuerpo, pero a la vez, extrañamente, me gustaba todo eso, igual que las patinadas en la camioneta.

Al fin, el chaparrón y La Choza aparecieron casi juntos. Luego el barro, los mates, el hambre.

Más tarde, lomito de chancho adobado, chorizo casero, puré y vino. Después el café y “la escoba del 15”, pero antes de esto, la charla de un paisano viejo abuelo que llegó acá hace cuarenta y tantos años de croto y tuvo siete hijos y dieciséis nietos ¡casi nada!

Entre los mates, el vellón de lana negra que capaz me toque hilar.

Y ahora, por fin la cama, en una pieza con techo de madera y ladrillos. La lluvia, la vida, las ganas de quedarme y compartir de algún modo esto. Mañana, si amanece lindo, la escuela… ¿qué más?...


lunes, 19 de septiembre de 2011

Encuentro

En Humahuaca (Jujuy, Argentina) existe un lugar llamado Tantanakuy. Casa del Tantanakuy que quiere decir encuentro en quechua.

Este lugar se relaciona con la iniciativa de una familia. Una familia en el sentido en que lo entendemos nosotros, los que hacemos este espacio. El padre, la madre, los hijos pero no el espíritu santo. En lugar del espíritu santo (o acompañando el espíritu santo y no tan santo): los amigos. En este caso, hablamos de la familia amplia de Jaime Torres, de Jaime Dávalos, entre muchos otros artistas. Se trataba de homenajear, celebrar, difundir la cultura de la región. Se trataba de no dejarla morir. De retenerla y de permitir que se siguiera desarrollando. En 1975 se realizó el primer encuentro. Y ese encuentro tuvo hijitos. En más de un sentido.

Año tras año, con sumo esfuerzo por parte de los organizadores, se hizo el Tantanakuy: cada uno de ellos podría dar lugar a un relato, en cada uno pasaron cosas “increíbles”. Algunos que han asistido recordarán la improvisación de un gran payador uruguayo junto a una coplera. Eso fue hace tan sólo unos años. Subrayemos: el payador era uruguayo y la coplera… coplera. O sea que estamos hablando de una visión amplia de lo regional, de lo cultural y de la palabra encuentro. Esa noche, el cielo estaba estrellado y había muchos niños correteando entre el público. Los niños siempre están al honor en la Casa del Tantanakuy. La Casa no discrimina, recibe veteranos también, pero su propuesta como centro cultural está especialmente dirigida a los niños y jóvenes. Ellos son los principales destinatarios de los talleres que ahí se realizan. Y son también quienes hacen y asisten al Tantanakuy infantil. Este encuentro se realiza desde 1983 todos los meses de octubre.

Según consta en la página de presentación:

“El Tantanakuy Infantil se realiza en el mes de octubre y anualmente reúne en su celebración, cada año en un lugar distinto de la provincia de Jujuy, a unos 600 niños y niñas que comparten sus creaciones. Se ejecuta a partir de aportes generosos y voluntarios, con apoyo del sistema escolar de la provincia. Aunque no cuenta con presupuesto propio, para cada edición se solicitan aportes particulares e institucionales. Con gran esfuerzo se logra su celebración con austeridad y gran convocatoria”.

Se puede recalcar que no solamente participan niños de la región: el año pasado un grupo llegó desde el conurbano bonaerense y otro desde Córdoba, con sus respectivos docentes. Y se produjo lo que tenia que producirse: el encuentro entre jóvenes que viven en un país tan grande, que a veces de una punta a otra pareciera que son países distintos, pero no, viéndolos tocar los sikus, los charangos, las guitarras, pero también los violines (hubo violines el año pasado, violines tocados por jóvenes apunados pero corajudos), uno entiende que son todos parte de una misma historia y de un mismo territorio (abierto).

Lectores viajeros: si no conocen el Tantanakuy, es para conocer. Y si además, tienen hijos, deseamos que alguna vez ellos puedan participar en ese festival (el próximo es el 12 de octubre) que está hecho para niños y adolescentes, y por ellos.

La experiencia del Tantanakuy infantil y del Centro Cultural, todos los días, es tan rica que esto sólo puede ser considerado como una primera presentación. Vamos a programar varias notas con sus organizadores. Ellos tienen todo que ver con Nuestro Querer.

Acá un video realizado en el marco del taller de cine, animado por Aldana Loiseau.

Este corto obtuvo el primer premio en el 3º Festival Iberoamericano Imágenes Jóvenes en la diversidad Cultural de Buenos Aires (2005).





domingo, 18 de septiembre de 2011

Tantanakuy


En este paisaje, en este espacio, pasan cosas... Pronto iremos contando qué...

Tantanakuy quiere decir encuentro

sábado, 17 de septiembre de 2011

Un profesor


En versión corta (en relación a una que ha circulado en otros ámbitos), este es un relato de ficción sobre hechos ciertos y un personaje verdadero: Jacques Alesi, profesor de francés, nivel secundario, en una ciudad del norte de Francia. En el año 1951 inició su primera coloniade vacaciones con alumnos de clase de “cinquième” (12 años). Hoy jubilado, sigue dirigiendo esas colonias de vacaciones. Estamos editando una entrevista realizada con él en el año 2004. La publicaremos próximamente en castellano. Este cuentito vendría a ser una introducción. 

***
 
En el pueblo de C. casi todos somos de un país. De otro país. Y en la escuela, esto se nota más que nada en los nombres. Mamadou, Rachida, Alfonso (ese soy yo), Youssef. De vez en cuando aparece un Michel, o un Jacques, como el viejo Alesi, que nos hace clases de redacción. Pero es raro. También se nota en la piel que uno vino de lejos. Los hay de color negro, café con leche, y amarillo. Yo soy morocho. Eso, acá, se dice tal cual lo dije: café con leche. Y yo me adapto. La que se pone contenta cuando yo me adapto es mi vieja. En el avión que nos trajo a Francia, se le dio por repetir “vamos a tener que adaptarnos Al, vamos a tener que adaptarnos, hijito”. A mí me da vergüenza cuando la vieja me dice “hijito”. Por suerte lo dice en castellano y nadie le entiende. Prefiero “Al”, como el bandido. Hay que ser un poco bandido porque así a uno le tienen miedo. Por eso, lo de la gorra. Me la pongo al revés y ando con las manos en los bolsillos. Si no, no hay forma. Te puede pasar lo que le pasó a Mamadou. Fue en la clase donde van los pibes que vienen llegando y no hablan francés. Mamadou era el más chiquito, tendría unos seis años, y siempre andaba con un saco de cuero amarillo, cerrado. Un día, la Madame le pidió que se lo sacara y que lo colgara. Mamadou no se movió. La Madame volvió a repetir. El pibe, como si nada. Ella se enojó, subió la voz. Pero Mamadou seguía sentado. De repente, la Madame pegó un grito y lo entró a correr. El pibe rajó. La Madame y Mamadou le daban vueltas a la sala de clases. Todos los chicos se reían. Hasta que ella lo atrapó, y ahí no más, le bajó el cierre. Mamadou no tenía remera. No tenía camisa. No tenía nada debajo del saco, salvo la piel del pecho, que también era negra. La Madame siguió gritando “que a quién se le ocurre...”, “que hay que vestirse”. Digamos, creo que dijo eso. En esa época, yo no hablaba mucho francés. Ahora hablo. También lo escribo. Pero me cuestan las redacciones. Así le llaman a una historia que los alumnos escriben sobre algún tema. Después te ponen nota. Yo nunca tengo buena nota y es por los respiros, dice Alesi, y por el desorden de las ideas. El viejo quiere que los que venimos de otro país, le hagamos una redacción sobre nuestro viaje y la llegada a Francia, con nuestras impresiones. Los que son de acá tienen tema libre. Es una pena que yo no tenga tema libre porque el viaje nuestro fue de lo más aburrido. Un montón de horas, encerrados en un avión con vista a un cielo lleno de agua y de nubes. Por eso pensé que a lo mejor uno podría escribir sobre el viaje de otro, y traté de imaginarme cómo habrá sido el viaje de Mamadou. No le puedo preguntar porque no vamos más a la misma escuela, él sigue en la primaria, y yo voy al “collège”, como corresponde a los que tienen más de once años (yo tengo doce). Pero se me ocurre que el viaje de Mamadou tiene que haber sido muy triste. Porque, en general, es triste ser negro. Esto, algún día, lo voy a tener que explicar. Y es que en la escuela no sólo cuentan los colores sino también si sos político o si sos económico. Hay gente que no lo entiende. Mi vieja, por ejemplo. Dice: “todos los niños del mundo son iguales”. Y no es así. Porque si sos político, apenas café con leche (como yo), te miran con sonrisas, sacuden la cabeza, y dicen “pobrecito”. Pero si sos económico, y más encima negro (como Mamadou), te persiguen por la sala de clases y te dejan en bolas. El viejo Alesi es una excepción. Y es una excepción importante porque mide dos metros de alto y por lo menos uno de ancho. Tiene una panza enorme y una nariz que le hace juego. Cuando se enoja, la nariz se le mueve, la boca ladra y pequeñas gotas de saliva saltan alrededor. Los alumnos bajan la cabeza y se miran. A mí, lo que me impresiona es la voz. Como de terremoto. Al viejo Alesi le da lo mismo la ropa de sus alumnos, y no hace diferencias entre económicos y políticos, negros, blancos y amarillos. Nos lleva de vacaciones. Los demás se impactan cuando yo digo que es cierto, que el año pasado fuimos a Grecia. No creen que es posible, porque en el pueblo de C. los pibes de cualquier país somos pobres. Pero el viejo tiene sus rebusques. Y si uno no puede poner plata, da igual, Alesi te lleva. Y si vos no tenés papeles, o sea documentos, también te lleva. Yo, por ejemplo, no tenía visa para ir a Grecia, y me escondieron bajo un asiento del micro, cuando los guardias de la frontera hicieron el control. “De rigor”, que le llaman. Fue lindo ese viaje. Durante todas las horas que anduvimos en barco y en micro, y fueron muchas, tres días nos demoramos, yo iba pensando que el viaje era de mentira, que no íbamos a Grecia, que volvíamos a casa. Lo malo es que te obliguen a escribir sobre un viaje cuando, en realidad, el que importa es el otro. El viaje de vuelta. Y ese no lo puedo contar porque todavía no he vuelto. Así fue como tuve la idea de escribir una redacción sobre Mamadou. Pero el viejo Alesi me dijo que no, que no va, que cada cual tiene su historia y que está bien compartirla. Y dijo también que nosotros, los pibes del pueblo de C. que somos de un país que no es éste, un poco éramos “huerfanitos de patria”, y que los pibes que sí son de acá, nos adoptan, y son fraternos, y que para ser fraternos, lo mejor es conocerse. Yo, para ser franco, no entendí bien este asunto y me enojé en serio. Le dije que yo no era huerfanito de nadie, que tenía mamá y papá, y aunque mi viejo quedó encerrado en un hospital, pero sin gravedad y a mucha honra, ya pronto lo largan y se viene con nosotros. Le dije que eso de ser huérfano de patria no debe ser tan así porque en mi país, que no es imperio (eso lo dice mi vieja), cabe varias veces este país, que sí es imperio. Y que, de últimas, el gol a los ingleses lo metió Maradona. Alesi se me quedó mirando, y me dijo que bueno, que no me embalara, que yo siempre me andaba embalando, y que por eso, no me ponía mejor nota. Que las ideas había que anotarlas, luego ordenarlas, seleccionarlas, desarrollarlas. En eso estoy. El borrador lo hago en criollo, si no las ideas se me confunden y no hay respiro. Debe ser porque me parezco a mi vieja. Pobre vieja. Para que no sufra, yo me voy adaptando. Al profesor, le voy a escribir algo sobre el viaje de ida, sin agua y sin nubes pero con muchas impresiones. Es bueno el viejo Alesi, y además, tiene un lindo nombre. En francés se pronuncia exactamente igual que “allez-y!”, con punto de exclamación, que quiere decir “vayan”. O sea: ¡vuelvan!
Antonia